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LE CHEMINEMENT SPIRITUEL À LA SUITE DU CHRIST PAUVRE d'après la vie et les écrits de Claire d'Assise - Deuxième partie, l'ACCROISSEMENT SPIRITUEL

A) INTRODUCTION
        La "croissance" dans l'Évangile et chez Claire d'Assise.
        La "croissance" dans les Lettres du Nouveau Testament et chez Claire.
        La "croissance spirituelle" d'après Claire d'Assise,
                    située dans la Tradition de l'Église.

B) LA SUITE DU CHRIST
intensifie la richesse baptismale des relations:
        1) Épouse... Une autre "Rachel"
        2) Sœur,
        3) Mère,
        4) Auxiliaire de Dieu même,
        5) Servante,
        6) Reine,
        7) Fille,
        8) Vierge,
        9) Amie ...

C) LE PROGRÈS DANS LE CHEMIN DE LA RESSEMBLANCE:
        1) Le Milieu du Miroir
        2) L'espérance d'une "course".
        3) De vertus en vertus...

D) ATTITUDES QUI FAVORISENT «L'ACCROISSEMENT»
        1) Désirer posséder l'Esprit du Seigneur
        2) Le prier toujours d'un cœur pur
        3) Garder mémoire
        4) Rendre grâce au Père

E ) TRAVAUX COMPLÉMENTAIRES

II - L'ACCROISSEMENT SPIRITUEL

«Le Seigneur qui a donné un bon commencement, donne l'accroissement» (Testament 78).

A) Introduction

LA CROISSANCE DANS L'ÉVANGILE ET CHEZ CLAIRE D'ASSISE

Sainte Claire aime beaucoup se situer comme une "petite plante", symbole spirituel de la croissance, l'approfondissement, et de l'enracinement: «Claire, indigne servante du Christ et petite plante du très bienheureux Père François» (RCl 1,3; Test 37; Bén.6).

François est le "planteur" (Test 48). Non seulement Claire mais aussi toutes ses sœurs sont sa "petite plante": «Notre bienheureux père... tant qu'il vécut, fut soucieux de toujours, en parole et en acte, bien nous cultiver et nous encourager, nous sa petite plante» (Test 49). L'image du progrès spirituel, chez Claire, prend donc cette forme très évangélique de la culture d'une plante. C'est un enracinement en Dieu. Un enracinement dynamique qui, en s'approfondissant, "croît" et "se fortifie", pénètre jusqu'à l'intérieur de la vie divine..., par le CHEMIN du Christ CHEMIN (Test 5).
«Oui, répond la Bulle de canonisation de sainte Claire - c'est elle [Claire] cette plante qui s'éleva bientôt comme un arbre vigoureux étendant au loin ses rameaux et amenant à maturité dans le champ de l'Eglise le doux fruit de la vie religieuse. Attirées par la fraîcheur de son ombre et la douceur de ses fruits, de nombreuses chrétiennes sont accourues et accourent sans cesse de toute part» (Bulle de can.8).

LA CROISSANCE DANS LES LETTRES DU NOUVEAU TESTAMENT, ET CHEZ SAINTE CLAIRE

Dans les lettres de Paul, la lettre aux Hébreux et les autres épîtres du Nouveau Testament, le progrès spirituel doit marquer le cheminement du chrétien dans le Christ. C'est le grand signe donné au "planteur", à l'Apôtre que le "commencement" de la conversion a été pris au sérieux dans la vie courante du disciple, et que cette plantation a reçu la bénédiction de Dieu lui-même (He 6,7).
a) Les apôtres ont surtout à cœur que cette croissance spirituelle rende le disciple semblable au Maître, au Christ Jésus qu'ils ont "revêtu" lors du baptême, et cela, de plus en plus: «Le connaître Lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme... Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus» (Ph 3,12).
Claire aussi, nous le verrons plus loin, sera participante de cette "course".
b) Comme Paul vient de le souligner, ce progrès est une connaissance plus intime, plus intérieure, de l'ordre de l'amour qui rend conforme à l'Aimé. Cela aussi Claire le reprendra.
c) Enfin, ce progrès se poursuit sans cesse dans la ligne du "bon commencement" qui s'accomplit: «En attendant, -conclut l'Apôtre- quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne» (Ph 3,16).
d) Ajoutons que toutes les lettres néo-testamentaires encouragent, stimulent, félicitent, entraînent et enthousiasment les disciples, en vue de la perfection de cette œuvre. Ce sera tout à fait le langage de l'humble abbesse de St-Damien dans les écrits qu'elle nous laisse.
La perception du progrès spirituel chez Claire se révèle positive, stimulante; elle oriente, elle suggère, elle fait voir. Ce qu'elle en dit n'enferme pas la personne et ne décrit même pas les effets psychologiques de cet itinéraire vers Dieu. Claire pointe du doigt le Christ et, comme Jean-Baptiste montrant l'Époux, elle nous dit, à nous les "jeunes filles" promises aux Noces de cet Époux unique: «Tu as été merveilleusement fiancée à l'Agneau immaculé qui enlève les péchés du monde» (4L 8; cf. Jn 1,29). Elle fait prendre conscience de notre dignité, notre noblesse baptismale, dans l'élan qui nous conduit à suivre le Christ pour réaliser, dans sa grâce, cette "vocation divine" (2L 17).
Jusque dans la matérialité de son langage, Claire respecte le cheminement de ses sœurs, tout en ayant soin de les faire avancer plus loin, avec ardeur, dans la lucidité, la prudente clairvoyance et même l'audace confiante d'un grand amour. Les mots qu'elle utilise expriment cette croissance: Parmi ceux-ci ...
-se fortifier:
«Soyez fortifiée dans le saint service commencé avec le désir ardent du Pauvre crucifié»(1L 13.31).
«Puisses-tu être sans cesse plus fortement embrasée de l'ardeur de cette charité» (4L 27).
«Nous sommes tenues de nous fortifier de plus en plus dans le Seigneur pour faire le bien»(Test 22).
-croître de bien en mieux, de vertus en vertus:
«Croissant de bien en mieux, de vertus en vertus...» (1L 32)
«Toujours progresser vers le mieux...» (Test 51)
«...afin que les sœurs croissent toujours dans l'amour» (Test 60.78).
- tenir, bien faire, ne pas lâcher, ne pas dévier :
«Ce que tu tiens, tiens-le, ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas» (2L 11).
-courir, marcher:
«D'une course rapide, d'un pas léger, sans entraves aux pieds..., sûre, joyeuse, alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude» (2L 12_13).
«Dans la course entreprise, tu es pleine de vigueur...» (3L 3)
«Nous courrons vers l'odeur de tes parfums, Époux céleste» (4L 30).
«Tu marches vivement sur les sentiers de la vertu» (L Erm 3; Test 71.73).
-s'appliquer:
«Avec quelle sollicitude et avec quelle application de l'esprit et du corps devons-nous rendre, avec l'aide du Seigneur, le talent multiplié» (Test 18.56).

LA CROISSANCE SPIRITUELLE, chez Claire, située dans la Tradition de l'Église

Faisons une courte réflexion qui voudra situer un peu ce processus de croissance compris par Claire, dans la tradition ecclésiale, et en particulier, monastique.
Comme tout naturellement formée sur "les genoux de la mère Église", Claire reçoit, par la Liturgie et la prédication de son époque (Vie 23), la vision encore proche des Pères de l'Église qui, eux, retiennent encore l'expression du Nouveau Testament au sujet de la croissance spirituelle. Aux siècles suivants, après la pensée plus structurée de grands théologiens (saint Thomas, saint Bonaventure et d'autres), on systématisera davantage les "étapes" de la vie spirituelle. La vision de Claire reste simple, biblique, monastique, mais englobe tous les niveaux de la personne humaine: corps, âme, coeur, esprit... Chez elle, la marche vers Dieu est un processus spirituel et mystique d'intériorisation des moeurs divines, les vertus. La prise de conscience de la personne est transformée profondément parce que son centre d'intérêt se trouve peu à peu transféré d'elle-même en Dieu.
Ainsi, pour elle, la morale n'est pas un simple redressement de nos actes marqués par le péché et les faiblesses. C'est plutôt le lieu d'une prise de conscience devant la dignité de la vocation chrétienne. C'est aussi le lieu d'une transformation positive de toute la personne. Elle nous exhorte à «l'honnêteté d'une sainte conduite» (Test 56) mais dans le même sens que l'Apôtre lorsqu'il invite à nous «rendre dignes de l'appel que vous avez reçu» (2Th 1,11). Ainsi, Claire avertit: «Reconnais ta vocation» (Test 4). Elle rejoint ainsi la conception d'Origène, puis celle des premiers pères de la vie monastique qui voyaient la morale et la pratique des vertus comme une ascension spirituelle vers une meilleure connaissance du mystère de Dieu, et en cela même le lieu de leur transformation en l'image de Dieu.

La croissance des vertus est, en effet, pour Claire, un progrès toujours plus profond d'imitation du Seigneur Jésus pauvre et humble, de conformité à sa vie vertueuse. Sa vie s'assimile à celle du Fils de Dieu dans la sagesse de «son ineffable charité» (4L). C'est là une réalité stimulante et progressive qui entraîne tout disciple dans la perfection du Fils unique, image parfaite du Père. Le Père lui-même «engendre son petit troupeau dans l'Église» (Test 46) en lui donnant aussi d'accomplir l'œuvre et les vertus du Christ, dont elles seront les miroirs.
En ce sens, la vertu pour Claire est une participation mystique au Christ qui est lui-même chaque vertu et toutes les vertus. La personne humaine est créée selon l'image de Dieu, c'est-à-dire selon l'image de l'image qui est le Christ, le modèle original de toute la création, le MIROIR sans tache. La re-création "selon le MIROIR" est expérimentée chez la sainte d'Assise, comme une puissance de croissance, une semence qui fait progresser la personne humaine jusqu'à la divinisation, la ressemblance. C'est pourquoi, ascèse et mystique, vie spirituelle et vie mystique coïncident en son enseignement, pour former un seul mouvement progressif vers l'union à Dieu, ce qui n'est pas une expérience extraordinaire et exceptionnelle, mais le but normal de la vie humaine et chrétienne. Ceci n'implique pas que tous y arrivent, mais seulement que le dynamisme spirituel suscité par l'Esprit-Saint et décrit par Claire, du commencement à la fin, est fortement caractérisé par cette perspective mystique.
Cependant, il serait plus juste ici de situer cette expression "vie mystique", dans son vrai sens évangélique et néo-testamentaire d'entrée dans le mystère pascal du Fils de Dieu, d'être conformé au mystère chrétien total. Par sa pauvreté et son humilité, elle s'est assimilée aux "petits" du Royaume auxquels le Père «révèle les mystères» du Fils (Mt 11,25_27; 13,11). C'est même ainsi qu'elle revoit sa vie: «Celui qui t'a créée, t'a aussi sanctifiée; il a mis en toi son Esprit Saint et t'a toujours regardée comme une mère regarde son enfant qu'elle aime» (Pr III,20).
La vie spirituelle de Claire est sans cesse animée de l'intérieur par l'Esprit Saint lui-même, et cela dès le début. On pourrait dire que l'Esprit Saint a prévenu son "bon commencement" où elle l'a «épousé en choisissant de vivre selon la perfection du saint Évangile» (RCl 6), c'est-à-dire, dans la perfection du Fils lui-même.

B) LA SUITE DU CHRIST...intensifie la richesse baptismale, le "centuple" des relations avec Lui:  épouse-fiancée, sœur, mère, auxiliaire, fille, reine, servante, vierge, amie.

1) Épouse: «Vous êtes épouse [mère et sœur] de mon Seigneur Jésus Christ» (1L 12).

L'Église et l'âme croyante "épouse du Christ"
Dans le Nouveau Testament, et l'Évangile en particulier, Jésus lui-même se présente comme "l'Époux". La primitive Église se perçoit comme l'Épouse, et ce qualificatif d'être sera attribué aussi aux membres individuels de la communauté ecclésiale, de par la grâce conférée au baptême dans le Christ-Époux: «Je vous ai fiancés à un Époux unique», écrira Paul (2Co 11,2; cf. Gn 2,20; Ep 5,25).
Origène, le grand théologien qui a beaucoup influencé la pensée chrétienne des premiers siècles, écrira en ce sens: «Le Christ est appelé l'Époux de l'âme épouse quand elle vient à la foi.»Mais il ajoute: «... ce n'est cependant pas toute âme qui vit constamment ici-bas sa vie d'épouse, mais celle qui s'est purifiée de ses péchés et qu'embrase l'ardeur de l'amour.»
Assez tôt, l'Église désignera d'une façon particulière la vierge chrétienne comme une "épouse du Christ". Dès les IIIe et IVe siècles, cette appellation devient de plus en plus courante, justement parce qu'elle veut signifier l'intensité de cette vie d'amour consacrée au Christ, une des réalités très riches de la grâce du baptême. Mais les Pères dans la foi veulent bien montrer que ce qui fait de la vierge consacrée une épouse du Christ ce n'est pas sa virginité perpétuelle. Bien plutôt, c'est son mariage spirituel avec le Christ qui inclut et exige cette virginité. Elle ne saurait plus avoir d'autre époux que le Christ.
Claire se situe dans cette tradition. Elle montre très justement à sa correspondante que l'Époux lui-même la rend vierge, pure de cœur et chaste, c'est-à-dire capable d'aimer en vérité:
«Lorsque vous l'aimez, vous êtes chaste;
lorsque vous le touchez, vous deviendrez plus pure;
lorsque vous le recevez, vous êtes vierge» (1L 8).

Épouse-fiancée:
Un autre aspect de cette tradition chrétienne revient souvent chez Claire. C'est celle de la "tension" vers les "noces définitives", la vie éternelle. Cette perception de la situation d'épouse-fiancée est très ancienne dans l'Église. Ainsi Claire situe Agnès: «Comme l'autre vierge très sainte, sainte Agnès, tu es merveilleusement fiancée à l'Agneau immaculé» (4L 8). Aussi, doit-elle se préparer en se mirant dans le MIROIR (4L 15_17). «Le mariage spirituel du chrétien, commencé avec le baptême, regarde vers le mariage spirituel de la mort qui conduit à l'union éternelle avec le Christ».
Dans la prédication de son temps et dans les lettres que lui feront parvenir cardinaux et papes, Claire et ses sœurs entendront souvent ces enseignements. Ainsi, le cardinal Raynald nommé par le pape Grégoire IX cardinal protecteur de leur Ordre, écrira en 1228 aux Sœurs Pauvres : «Il convient que les jeunes filles choisies par le Christ, leur Époux, soient aussi l'objet de l'affection de l'ami de l'Époux, le vicaire du Christ.»
Dans le faire-part du décès de Claire, nous percevons encore cette situation de "fiançailles" avec le Christ: «... réservant son amour virginal pour les noces définitives avec le Christ dont elle avait pour ainsi dire porté toute sa vie, par sa générosité et son attachement fidèle, l'anneau de fiançailles. 0 alliance étonnante!».

Une autre RACHEL:
«Comme une autre Rachel, regarde toujours ton commencement» (2L 11).
La figure de RACHEL, que Claire évoque, dans sa 2e Lettre, soutient cette perspective des fiançailles chrétiennes avec le Christ.
Cette figure typique de "Rachel" traverse la tradition contemplative depuis les Pères de l'Église qui ont commenté maintes fois cette figure du livre de la Genèse. Leur exégèse voyait en "Jacob", peinant pour Rachel, le type du Christ, peinant pour son Église dans sa Passion; et la figure de "Rachel" représentait l'Église ou l'âme contemplative remémorant la geste du Christ dans sa Passion (Gn 29):
«Tous ces travaux, celui-là (Jacob) les accomplit à cause de la cadette aux beaux yeux, Rachel, qui préfigurait l'Église pour laquelle le Christ souffrit.» (Irénée de Lyon, + 208)
«Rachel, c'est l'espoir de l'éternelle contemplation de Dieu, possédant l'intelligence certaine et délectable de la vérité.» (Saint Augustin, + 430).
« Jacob pleura pour Rachel en l'épousant; Notre Seigneur, de son sang, couvrit l'Église en la sauvant. Les larmes sont le symbole du sang, car ce n'est pas sans douleur qu'elles jaillissent des prunelles. Les pleurs du juste Jacob sont la figure de la grande souffrance du Fils par laquelle fut sauvée l'Église des nations.» (Jacques de Saroug, + 521).
« Rachel... est le type de l'Église qui pénètre de son regard contemplatif les mystères du Christ.» (Isidore de Séville, + 636).
«Le propre de Rachel est de méditer, de contempler, de discerner, de comprendre.» (Richard de St-Victor, + 1173).

Plus proche de la pensée de Claire, il semble que l'une des interprétations, que propose saint Jérôme, a particulièrement influencé la sienne, dans cette 2e lettre. En traduisant par deux racines le nom hébreu de "Rachel": ra'ah = voir, et halel = commencer, Jérôme propose d'unir les deux verbes par l'expression latine "visus principium" (commencement de la vision) . Cette interprétation du nom de "Rachel" sera reprise par saint Augustin et saint Grégoire le Grand dans leurs commentaires sur l'Écriture. Claire la reprend donc pour illustrer le propos du "bon commencement", celui de la «vocation divine» (v.17).
Quelle est ce "commencement de la vision"? La Pauvre Dame l'indique à plusieurs reprises dans ses écrits. Ainsi dans son Testament: «... la voie de la sainte simplicité, de l'humilité, de la pauvreté comme, dès le commencement de notre conversion., nous l'ont enseignée le Christ et le bienheureux François» (Test 56_57).
En fidélité à cette figure de "Rachel", Claire pointe aussi sa signification en lien avec le Christ pauvre et humble. Ainsi, un peu plus loin, Claire évoque la réalité de "Rachel" par l'image de la rencontre: «Vierge pauvre, embrasse le Christ pauvre!» (v.18), c'est la réponse au baiser que Jacob donne à Rachel, dès sa première rencontre (Gn 29), en signe de son amour de préférence, et parce que Rachel a été la première confidente de ses épreuves, de ses travaux pour l'acquérir comme épouse. Claire y fait allusion: «Vois que, pour toi, il s'est fait méprisable et suis-le, te faisant pour lui méprisable en ce monde» (v.19).

2) Sœur: «Sœur et épouse du Souverain Roi des cieux...» (3L 1)

«Ma sœur, ma fiancée...» (Ct 4,9_10.12; 5,1) «Ma sœur, mon amie...» (Ct 5,2)
La réalité baptismale d'épouse s'enrichit de celle, aussi évangélique, de "sœur": «Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère» (Mt 12,50). C'est la réalité nouvelle du chrétien qui s'accroît d'autant plus que la disciple devient semblable au Fils. Paul l'affirme: «Nous savons qu'avec ceux qui l'aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu'il a appelés selon son dessein. Car ceux que d'avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l'image de son Fils, afin qu'il soit l'aîné d'une multitude de frères» (Rm 8,28).
"Sœur" est ainsi le qualificatif d'être qui nous unit au Christ ressuscité. Voir en ce sens la parole significative de Jésus à Marie de Magdala: «Va trouver mes frères» (Jn 20,17).
Claire "chérira" cette appellation chrétienne de "sœur". Elle l'utilise 103 fois dans ses écrits. Ce qui est beaucoup. Elle en a saisi avec une rare profondeur toute la richesse de relation avec ses sœurs, qui leur donne de réaliser ensemble cette Forme de vie «selon laquelle vous devez vivre en commun, dans l'unité des esprits..., le mode de sainte unité» (Prologue de la RCl). Encore en ce sens, la Bulle de canonisation de Claire situe la vocation de la sainte: «Le Seigneur lui donna des sœurs afin que toutes ensemble elles soient fidèles à l'aimer et à l'adorer» (Bulle de can.6).

3) Mère: «... mère du Fils du Père très Haut» (1L 24).

Cette autre relation évangélique, Claire la perçoit en deux sens:

  • porter le Christ en elle, favoriser le progrès de la ressemblance...
  • «soulever le corps ineffable», faire croître l'amour de Dieu dans l'âme du prochain, de ses sœurs, et de «ceux qui sont proches comme ceux qui sont au loin» (Test 20.58).

1) Porter le Christ en soi

Plus l'âme descend dans l'humilité et la pauvreté du Christ, plus lui-même descend en elle et y demeure, lui donnant de s'ouvrir de plus en plus au mystère même de cette maternité spirituelle.«De même que la glorieuse Vierge des vierges l'a porté matériellement, de même toi aussi, suivant ses traces, d'humilité surtout et de pauvreté, toujours tu peux le porter, sans en douter, et cela spirituellement dans un corps chaste et virginal, contenant celui par qui toi et toutes choses sont contenues» (3L 24_26). Sans doute rejoint-elle ici la pensée de François dans sa Lettre aux Fidèles :
«Ils sont les époux, les frères et les mères de notre Seigneur Jésus-Christ. /.../ Nous sommes... des mères quand nous le portons dans notre cœur et dans notre corps, par l'amour divin et par une conscience pure et sincère, et quand nous l'enfantons par des saintes œuvres qui doivent luire en exemple pour les autres.»
La 3e lettre de Claire est toute centrée sur ce mystère fécond de la présence du Fils dans l'âme fidèle. L'âme est appelée ici à déployer sa capacité d'aimer:
«Attache-toi à sa très douce mère qui a enfanté un tel Fils que les cieux ne pouvaient contenir, et elle, cependant, l'a recueilli dans le petit enclos de son ventre saint et l'a porté dans son sein de jeune fille. En effet il est d'autre part clair que, par la grâce de Dieu, la plus digne des créatures, l'âme de l'homme fidèle est plus grande que le ciel, puisque les cieux, avec les autres créatures, ne peuvent contenir le Créateur et seule l'âme fidèle est sa demeure et son siège, et cela seulement par la charité dont manquent les impies. La Vérité le dit : Celui qui m'aime, mon Père l'aimera, et moi aussi je l'aimerai, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure. De même donc que la glorieuse Vierge des vierges l'a porté matériellement, de même toi aussi, suivant ses traces, d'humilité surtout et de pauvreté, tu peux toujours le porter, sans aucun doute, spirituellement dans un corps chaste et virginal, contenant celui par qui toi et toutes choses sont contenues, possédant ce que, par comparaison avec les autres possessions transitoires de ce monde, tu posséderas plus fortement» (vv. 18-26).
La tradition monastique venue jusqu'à Claire portait la richesse de cette réalité évangélique. Guerric d'Igny (1087-1157), un exemple parmi d'autres, s'exprime ainsi un siècle auparavant, dans un sermon à ses moines: «Vous aussi vous avez part à ce nom (de mère) vous qui accomplissez la volonté du Seigneur. Oui, vous aussi vous êtes mères de cet enfant, qui est né pour vous et en vous, du moment que par l'effet de la crainte du Seigneur vous avez conçu et enfanté l'esprit du salut. Veille donc, mère sainte, veille à prendre soin du nouveau-né jusqu'à ce que soit formé en toi le Christ, né pour toi. Car plus son âge est tendre, plus facilement il peut périr.» Et encore, dans le même sens: «Âme fidèle, dilate ton sein, excite l'affection (la capacité d'aimer) pour que tes entrailles ne se durcissent pas. Conçois celui qu'aucune créature ne peut contenir. Ouvre tes oreilles pour écouter la Parole de Dieu. C'est la seule manière de concevoir de façon spirituelle.» Mais bien avant, déjà, cette mystérieuse réalité avait été perçue par Origène, Ambroise de Milan et bien d'autres Pères de l'Église.

2) Soulever le Corps

Le deuxième aspect, chez Claire, de cette maternité évangélique rejoint celle de François: Porter la Parole par notre amour et l'enfanter par notre exemple... . Claire comprend et enseigne à ses sœurs que cette réalité est d'autant plus à l'œuvre dans leur vie qu'elles ont favorisé et puisé la charité à l'amour de Dieu même: la charité chaste et virginale de l'âme fidèle. Claire le rappelle plusieurs fois dans son testament et sa règle de vie (Test 59-60; RCl 8,15-16).
Ses finales de lettres demandent toujours de nous porter mutuellement dans cette charité et cette sollicitude l'une pour l'autre (1L 24-25; 2L 24-25; 3L 42; 4L 37-39). Comprenons la richesse de cet aveu de Claire: «Considère mon affection maternelle par laquelle tous les jours je suis affectée de l'ardeur de la charité envers toi et tes filles» (4L 37).

4) Auxiliaire de Dieu:
La relation à Dieu rejoint celle de "mère", mais ici, dans un sens ecclésial, apostolique: «Et pour utiliser les propres paroles de l'Apôtre même, je te considère comme une auxiliatrice de Dieu même, et celle qui soulève les membres succombants de son corps ineffable» (3L 8).

1) "Adjutricem": (celle qui aide)
Cette expression s'avère très riche de sens dans la source latine beaucoup plus directe: «ipsius Dei te judico adjutricem.»
Suivre sa vocation à la suite du Christ pauvre et humble a été l'occasion, pour Agnès, d'être assimilée à une nouvelle Ève, thème très fécond au Moyen-Âge. La Genèse voyait la première femme créée comme celle qui aide Adam et qui lui est parfaitement assortie (Gn 2,18).
Marie surtout est cette nouvelle Ève auprès du nouvel Adam, en tant que son "aide".L'origine de la réalisation parfaite de la vocation de Marie demeure, de sa part, la profondeur de son consentement. L'activité de l'humble femme de Nazareth est son consentement où s'engagent sa foi et son amour. Ainsi le dit Claire, quelques versets plus haut, en décrivant la vocation d'Agnès: «Je te vois embrasser avec l'humilité, la force de la foi et les bras de la pauvreté, le trésor incomparable par lequel on achète Celui par qui tout a été fait de rien» (3L 7). Ce "trésor incomparable" c'est sans doute la réponse d'amour de la créature à son Créateur: là est la vocation essentielle qui traverse tous les âges de l'humanité, mais se focalise dans le Oui de Marie, et en ceux et celles qui, à la suite du Christ et de sa Mère, consentent à partager, à communier du dedans, à cette même destinée de l'amour rédempteur. Ainsi, en cette suite, se réalise la parole d'association si profonde du Fils au Père, et du disciple au Fils: «Père saint, ceux-ci sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi..., pour qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi»(Jn 17,10.22-23).
Par la grâce de Dieu, chaque racheté peut entrer ainsi dans la puissance transformante de la nouvelle Création qui élève le chrétien à la hauteur "d'aide de Dieu" (1Co 3,9; Rm 16,3).
2) "Sublevatricem" (celle qui élève (ou soulève: traduction SC)
L'expression latine "sublevatricem" est mise immédiatement en complément, par Claire, à l'expression précédente "adjutricem". Ce rapprochement est voulue: Claire nous oriente vers une mission ecclésiale bien précise.
«Celle qui "élève" les membres succombants de son corps ineffable» donne l'image de la vocation ecclésiale, universelle d'Agnès. Cette image renvoie à la parole figurative de Jésus, avant sa Passion: «C'est maintenant le jugement de ce monde; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi» (Jn 12,31_32). Ainsi, la vocation d'Agnès est configurée à celle du Christ, comme Claire le lui avait rappelé aux versets précédents: «Tu supplantes d'une manière terrible et inopinée l'ennemi rusé qui perd la nature humaine» (3L 6).Comme le Fils et dans le Fils, Agnès, par sa réponse d'amour, "élève" de ce fait «l'humanité très pauvre et indigente» (1L 20), la «réconciliant avec Dieu le Père» (1L 14).
Il est saisissant de constater comment Claire assimile, en cette expression, la mission d'Agnès à celle de Marie, sans la nommer explicitement ici. En effet, la Mère de Jésus est vue, par la tradition ecclésiale, comme celle qui "aide Dieu", mais n'est pas l'épouse de son Fils. Elle en est plutôt la Mère, donc celle qui "soulève", soutient, nourrit l'humanité du Verbe incarné. Elle collabore ainsi avec Dieu, son Père. Ainsi Agnès: elle soutient la faiblesse des «membres succombants du Corps ineffable», son Église. Elle contribue mystérieusement, par sa vocation d'amour, à favoriser en eux la vie du Christ. Cette expression très dense de Claire situe la prière et le vécu d'une Sœur Pauvre, comme au point de jonction où l'Église contemporaine souffre davantage de sa faiblesse: une prière de sœur pauvre qui soutient les plus pauvres!
Cette réalité du soutien, assimilée à Marie, Claire la rappelle quelques versets plus loin:«Attache-toi à sa très douce Mère qui a enfanté un tel Fils que les cieux ne pouvait contenir, et elle, cependant, l'a recueillie dans le petit enclos de son ventre saint et porté dans son sein de jeune fille»(3L 18-19).

5) Servante: «...servante du Seigneur des seigneurs» (2L 1).
Claire reprend ici, et plusieurs fois dans ses écrits, le titre même par lequel la Vierge Marie a exprimé son être devant Dieu qui la choisissait. "Servante" est un qualificatif d'être qui manifeste l'humilité et la totale disponibilité intérieure en vue d'une mission confiée par le Seigneur de l'univers.
Claire s'inspire de cette attitude profonde de la Vierge Marie. Cette relation de "servante" caractérise, dans le langage chrétien, ce qui est le centre de l'Évangile et de toute spiritualité qui en découle. Jésus lui_même affirme: «Je suis au milieu de vous comme celui qui sert» (Lc 22,27). Il est le "serviteur", et même si, par un privilège inouï d'intimité et d'amour, il nous fait ses amis, nous demeurons en lui et par lui "serviteurs" et "servante" du Père, et des frères et soeurs en humanité. Là est l'attitude profonde et constante de l'Envoyé du Père.
Dès le départ de la vocation de Claire, François, dans la formule de vie qu'il lui remet, nomme cette nouvelle relation à Dieu, et Claire inséreras au cœur de sa propre forme de vie: «Par inspiration divine, vous vous êtes faites filles et servantes du très haut et souverain Roi, le Père céleste» (RCl 6,3).
La sainte d'Assise exprime cette relation de "servante" sous trois formes latines qui veulent indiquer les nuances d'un vécu: ancilla, famula, serva.
_ "Ancilla" vise souvent sa relation à Dieu, au Christ et à ses sœurs. Terme évangélique par excellence. Ainsi: «Claire, très humble et indigne servante (ancilla) du Christ», et: «Claire,servante (ancilla) inutile des dames recluses du monastère...» (3L 1; 2L 2)
_ "Famula" : équivaut à "domestique" en notre langage moderne, c'est-à-dire, le "familier" de la maison, veillant et se dévouant à son service. Claire se situe ainsi dans sa relation au Christ: «Claire, indigne servante (famula) de Jésus Christ...» (1L 2).
_ "Serva" : rejoint la situation du serf, au Moyen-Âge, cet esclave mi-libéré qui vivait et travaillait comme attaché à la terre de son Seigneur. "Serve" en est le féminin. L'humble Mère se situe ainsi au regard de ses sœurs: «Claire, serve (serva) des pauvres dames...» (3L 2).
Cette expression si riche d'humilité et de disponibilité se retrouve en sa profonde réalité dans les derniers conseils que Claire donne à «celles qui lui succéderont dans l'office des sœurs» (Test 41.53.61). Elles seront "communes" (tam benigna et communis), qui se traduit ainsi: «Qu'elle soit tellement bienveillante et accessible (communis) que les sœurs puissent recourir à elle à toute heure et en toute confiance, tant pour elles que pour leurs sœurs» (Test 65_66).
C'est dans cette attitude évangélique de l'être profond que Claire situe le quotidien de sa charité: elle est servante de ses sœurs (1L 2.32; 2L 2; 3L 24L 2; Test 37.79); les sœurs sont servantes (4L 2; Prol.Rcl; RCl 6,3; PrivP 1); l'abbesse est servante (Rcl 10,4-5; Test).

6) Reine: «... ô reine du Roi céleste» (4L 27).
L'âme fidèle est "reine" parce qu'elle partage la gloire du Fils de Dieu. Claire situe bien ce partage de la royauté: «Si tu souffres avec lui, avec lui tu régneras» (2L 21; cf Rm 8,17).
Cette relation semble avoir reçu sa faveur du fait que Jésus lui-même affirme: les siens verront et partageront sa gloire: «Père saint, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un: moi en eux et toi en moi.» Et encore: «Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire que tu m'as donnée» (Jn 17,22.24).
Cette royauté issue de la gloire du Fils est une réalité baptismale nettement affirmée par Pierre, au lendemain de la résurrection: «Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal» (1P 2,9; cf Ap 1,6; 5,10).
Claire semble comprendre ce partage de la royauté baptismale dans l'assimilation constante qu'elle fait d'elle-même et de ses soeurs à la destinée de Marie, mère du Seigneur, reine avec le Fils de Dieu, le Roi des rois (Lc 1,32; Ap 19,16). Ainsi, avec François, et comme conséquence de leur imitation du Christ Pauvre et humble, Claire affirme dans sa "forme de vie": «C'est la hauteur de la très haute pauvreté qui vous a instituées héritières et reines du Royaume des cieux» (RCl 8,4). De même, comme testament à ses sœurs, François n'hésite pas à reprendre les mêmes expressions: «Chacune sera reine au ciel, couronnée avec la Vierge Marie.»
Mieux encore, l'humble Mère des Pauvres Dames voit cette réalité s'effectuer dès maintenant. Sa sœur Agnès est reine, associée très étroitement à l'Époux dans la mission de Celui-ci : «Très noble reine, regarde, considère, contemple, désirant imiter ton époux, le plus beau des fils des hommes qui, pour ton salut, s'est fait le plus vil des hommes» (2L 20; 4L 27).
Épouse et reine semble des réalités très liées chez Claire: «Épouse très digne de Jésus Christ et pour cela reine très noble, dame Agnès...» (2L 1; cf 4L 1.15), écrira-t-elle sans hésiter dès le début de sa correspondance avec sa sœur de la lointaine Bohème.

7) Fille: «Fille et épouse très chère du souverain Roi... » (4L 17)
Ce titre que Claire associe souvent à celui "d'épouse" surprend dès l'abord. Mais c'est un titre biblique qui revient souvent au cours de la Liturgie, en particulier aux fêtes et au Commun de la Vierge Marie et des saintes, à partir du psaume 44: «Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père; alors le roi désirera ta beauté: il est ton Seigneur, prosterne-toi devant lui» (Ps 44,11_12).
Ce verset de psaume a-t-il influencé François lorsqu'il introduisit la jeune Claire et ses compagnes dans la première réalité de leur vocation? «Par inspiration divine, vous vous êtes faites filles et servantes du très haut et souverain Roi, le Père céleste..., et vous avez épousé l'Esprit Saint en choisissant de vivre selon la perfection du saint Évangile» (RCl 6,3). Fille-épouse, titres de relations qui semblent très liés autant dans le texte du psaume que dans la formule de vie primitive. La filiation du Fils semble intensifier ici la vocation des premières sœurs, dans la grâce baptismale du chrétien: filles avec le Fils bien-aimé, partageant la destinée humano-divine du Fils, en choisissant son "oui", cette volonté du Père qu'exprime l'Évangile.
Une autre orientation semble sous-jacente dans les lettres de Claire: l'exclamation biblique adressée à la "fille de Sion": «Réjouis-toi, fille de Sion, le Roi d'Israël est en toi, en vaillant Sauveur»(So 3,14-17). La Vierge Marie est la véritable "fille de Sion", celle qui reçoit la première annonce de la joie messianique: «Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi..., tu concevras en ton sein» (Lc 1,28-33). Cette invitation à la joie messianique adressée à la "fille de Sion" résonne d'une façon très insistante dans les 3e et 4e lettres de Claire. Ainsi: «Toi donc, réjouis-toi toujours dans le Seigneur, très chère, ô dame très aimée en Christ» (3L 10). Et cette joie est liée encore ici à celle du mystère de l'enfantement du Fils de Dieu en Marie, comme le même mystère de l'inhabitation de Dieu en l'âme fidèle (3L 17-23).
En évoquant ces qualificatifs de relations "fille-épouse" avec le Roi souverain (le Père), ou avec le Fils, ou avec l'Esprit Saint (RCl 6,3), Claire et François, situés dans la longue tradition de l'Église venue jusqu'à eux, veulent essayer d'approcher une réalité divine, inexprimable, qu'aucun titre humain ne peut énoncer. L'un complète l'autre, lui communiquant sa densité d'évocation et sa nuance.

8) Vierge : «À la vénérable et très sainte vierge, dame Agnès...» (1L 1)
Pour le monde religieux du Moyen-Âge, ce titre évoque une relation extrêmement privilégiée d'intimité et d'union au Christ-Époux, par l'action de l'Esprit. Claire emploie ce terme très souvent, tantôt pour désigner Marie comme «la glorieuse Vierge des vierges» (3L 24), ou encore, les saintes vierges (du ciel), ou pour nommer dame Agnès, et même ses sœurs, à Saint-Damien (4L 38; 1L 1.8.13).
Une longue tradition ecclésiale, se concrétisant davantage dans le milieu monastique, faisait écrire au moine américain, Thomas Merton, cette constatation d'expérience: «La virginité d'esprit qui nous garde unis au Verbe est la perfection de la vie monastique.» L'encyclique "Sacra virginitas" que le même auteur cite, renforce encore son avis: «Le fruit le plus délicat de la virginité, c'est que les vierges rendent tangibles en quelque sorte la virginité parfaite de leur Mère, l'Église, et la sainteté de son union intime avec le Christ. La plus grande gloire des vierges c'est indubitablement d'être les images vivantes de la parfaite intégrité de l'union de l'Église avec son Époux.» Et Thomas Merton conclut: «Une vie "dans l'Esprit" est alors une vie de virginité spirituelle dans laquelle nous sommes mûs, non par nos propres désirs, goûts, aptitudes, sentiments et nature, mais par la volonté et l'amour de Dieu. Dans une telle vie nous sommes complètement conformés à la Vierge, Mère de Dieu qui, par la parfaite simplicité de sa foi, reçut dans son cœur immaculé la pleine lumière du Verbe, et l'ayant revêtu de sa chair virginale, par l'action de l'Esprit Saint, lui donna d'être le Sauveur du monde. Il s'ensuit que vivre "dans l'Esprit", c'est effectivement vivre dans et par Marie, l'épouse de l'Esprit Saint.»
Claire d'Assise a pris résolument cette orientation du cœur dès sa jeunesse. Presque tous les témoins, lors du Procès, ont été frappés et attirés par cet aspect très important de sa vie: sa virginité perpétuelle: «Elle entra vierge, et ainsi vierge demeura toujours.» Et encore: «Vierge élue du Seigneur depuis l'enfance, ainsi vierge elle demeura toujours» (Pr I,2a; III,2; IV,3; VII,2a; XII,1; XVII,2). Ses compagnes n'hésitent pas à lui décerner le titre et l'honneur d'être «Mère des vierges» (Pr VI,2).
Ce qualificatif de "vierge" recouvre une réalité très profonde qui conforme entièrement la "forme de vie" des Sœurs Pauvres. Au cœur de sa règle, Claire écrit, à la suite de François: «Qu'elles considèrent qu'elles doivent par-dessus tout désirer avoir l'Esprit du Seigneur et sa sainte opération, le prier toujours d'un cœur pur» (RCl 10,9-10). Cette exhortation veut conduire à l'unité englobante d'une vocation à être "épouse du Saint Esprit" (RCl 6,3), à l'exemple et selon le modèle de Marie, «l'épouse du Saint Esprit» , la «glorieuse Vierge des vierges» (3L 24).
Dans un Oui total d'amour, la sœur pauvre devient "vierge du Christ". Claire l'affirme très fermement dans ses lettres à Agnès. Ainsi écrit-elle: «Lorsque vous l'aimez (le Christ), vous êtes chaste; lorsque vous le touchez, vous deviendrez plus pure; lorsque vous le recevez, vous êtes vierge» (1L 8). Et encore, dans une continuité du charisme de sa vocation: «Vierge pauvre, embrasse le Christ pauvre» (2L 18).
Ce mystère de virginité conformé à celui de Marie est très clairement évoqué dans ce passage de la 3e Lettre: «Aime totalement Celui qui, pour ton amour, s'est donné tout entier, je veux dire le Fils du Très-Haut que la Vierge a enfanté et après l'enfantement duquel elle demeura vierge/... / De même que la glorieuse Vierge des vierges l'a porté matériellement, de même toi aussi, suivant ses traces d'humilité surtout et de pauvreté, tu peux toujours le porter spirituellement dans un corps chaste et virginal» (3L 15_17.24_25).
Ce que Claire vient d'affirmer demeure une vérité très évangélique, baptismale. Quelques théologiens d'aujourd'hui l'assurent encore au sujet du baptême lié au mystère de la virginité et du mariage. Entre autres, Durrwell: «La virginité chrétienne possède cette originalité de ne pas se réaliser en premier lieu dans l'intégrité corporelle. Se garder vierge n'est pas encore un idéal chrétien, c'est le devenir qu'il s'agit. La virginité n'est pas d'abord un renoncement mais un accomplissement; c'est dans un mariage que s'accomplit la virginité chrétienne. Le baptême virginise la personne humaine, l'arrachant au monde de la chair, la ressuscitant dans l'Esprit, parce qu'il est un sacrement nuptial: il unit le fidèle au saint corps du Christ pour ne former qu'un seul corps avec lui. Parlant du "bain d'eau" préparé à l'Église, saint Paul songe à une cérémonie nuptiale en usage dans l'antiquité. L'Église devient sainte et pure par ses épousailles, elle est virginisée dans son union au saint corps du Sauveur.»

9) Amie:
«...afin que tu ressentes, toi aussi, ce que ressentent les amis, en goûtant la douceur cachée que Dieu lui-même a, dès le commencement, réservé à ses amants» (3L 14).
«Soyez toujours les amies de vos âmes et de toutes vos sœurs» (Ben 14).
Le terme "d'amie" conclut la grande fresque des richesses relationnelles qu'évoque la Bénédiction de Claire. "Amies" peut se traduire aussi par "amantes", "celles qui aiment", celles qui se font proches de Dieu, de leurs âmes et de toutes leurs sœurs! Cette relation veut indiquer une certaine réciprocité, une égalité de relation comme celle évoquée par Jésus, lors du dernier repas pris avec ses disciples: «Je vous appelle amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître» (Jn 15,15). La personne de François évoque pour Claire et ses sœurs l'image parfaite de l'ami: «François, son vrai amant... (ami du Fils de Dieu) (Test 5). Dans le même sens de don mutuel, de partage mutuel, réciproque, cette exhortation de Claire: «Aime totalement Celui qui, pour ton amour, s'est donné tout entier» (3L 15).
Cette appellation évangélique caractérise l'être de Claire à l'apogée de sa vie terrestre, lorsqu'elle s'adresse avec amour à son âme. Sœur Anastasie demanda à la mourante à qui elle s'adressait ainsi. La sainte Mère répondit: «À mon âme bénie» (Pr XI,3; cf Test 59-60).
De la même façon, Claire approche, en aimant, chacune de ses sœurs et les oriente en ce sens dans leur amour mutuel (Voir Test 59-60). La mise en vigilance, soulignée par la Forme de vie au chapitre 4, envisage le seul amour capable d'alimenter sans cesse cette amitié, celui du Christ au milieu de la communauté: «Que l'Abbesse soit sans amitiés particulières de peur qu'en chérissant davantage une partie, elle n'engendre du scandale pour le tout.»
Les lettres de la sainte à ses disciples, dame Agnès et Ermentrude, illustrent merveilleusement bien l'amitié profonde et fidèle que Claire, dans la charité du Christ pauvre et humble, peut manifester à chacune de ses sœurs. Encore aujourd'hui, chacune devient une amie lorsque, à l'école de la sainte d'Ombrie, la grâce lui fait s'écrier, pleine d'admiration et d'estime: «Toi, la moitié de mon âme et le réceptacle de l'amour particulier de mon cœur, mère très chère et fille particulière entre toutes les autres!» (4L) Pourquoi pas? puisque cette amitié se laisse illuminer et traverser par «l'ineffable charité du Miroir posé sur la Croix»? (4L)

C) LE PROGRÈS DANS LE CHEMIN DE LA RESSEMBLANCE

1) Le MILIEU du Miroir
«Au MILIEU du MIROIR, considère l'humilité, du moins la bienheureuse pauvreté, les labeurs sans nombre et les peines qu'il supporta pour la rédemption du genre humain» (4L 22).
Au Milieu de ce Miroir, la vie d'une Sœur pauvre est considérée comme un grand TRAVAIL, et ce "labeur" la conforme profondément au Fils de Dieu.
L'enseignement de Claire perçoit ce travail effectif en plusieurs aspects de l'existence humaine:
. Le travail matériel, existentiel et nécessaire:
une grâce de Dieu au service de la vie de l'esprit: «Que les sœurs à qui le Seigneur a fait la grâce de travailler, travaillent... fidèlement et avec dévouement, d'un travail honnête et d'utilité commune, de telle sorte, qu'ayant écarté l'oisiveté, ennemie de l'âme, elles n'éteignent pas l'esprit de sainte oraison et de dévotion que les autres choses temporelles doivent servir» (RCl 7,1-2).
Ce travail quotidien, animé par l'esprit de prière, Claire témoigne qu'elle s'y est adonnée «avec délices» : «Le bienheureux père, considérant que nous ne craignions aucune pauvreté, aucun travail..., et que nous les tenions comme grandes délices... » (RCl 6,2)
. Le travail spirituel:
«avec l'aide de Dieu», entrer dans la pleine maturité de sa vocation de Soeur pauvre. Claire exhorte fermement et souvent à ce «labeur» premier, surtout dans son testament: «Avec quelle sollicitude et avec quelle application de l'esprit et du corps devons-nous garder les commandements de Dieu et de notre père, afin de rendre, avec l'aide du Seigneur, le talent multiplié!» (Test 18). Et plus loin : «Si nous vivons selon cette forme de vie, nous laisserons aux autres un noble exemple et nous acquerrons par un très bref labeur le prix de la béatitude éternelle» (Test 23; L Erm 5).
. Le travail ecclésial:
Ce labeur spirituel a de profondes répercussions ecclésiales: il devient travail missionnaire, labeur apostolique, conformé à celui du Christ. «Prenons garde, - écrira-t-elle -si nous sommes entrées dans la voie du Seigneur, à ne nous en écarter d'aucune façon, en aucun temps, par notre faute et par ignorance, afin de ne pas faire injure à un tel Seigneur, à la Vierge sa Mère, à notre père bienheureux, François, à l'Église triomphante et même à l'Église militante» (Test 74-75). La sainte Mère discerne la mission véritable et toujours actuelle d'une Sœur pauvre: « ... celle qui aide Dieu même, celle qui soulève les membres succombants de son corps ineffable» (3L 8).

2) L'Espérance d'une COURSE
La croissance spirituelle, chez Claire, prend l'allure d'une COURSE. Le dynamisme intérieur de son espérance inspire cette course dans tout son élan.
La "course", dans l'Évangile, est provoquée par la surprise de la résurrection: Ainsi la recherche de Marie-Madeleine, celle de Pierre (Jn 20,2-4; Lc 24,12). C'est aussi la "course" de l'Apôtre qui, saisi par le mystère du Christ crucifié pour nous et ressuscité, cherche à s'y conformer en se hâtant de l'imiter "parfaitement" (Ph 3,7-12; 2,16).
Mais plus encore, ce qui inspire Claire, c'est la course de la bien-aimée du Cantique qui, après une première rencontre décisive, recherche à nouveau l'union d'une même destinée avec l'Époux (Ct 1,4; 3,1).
La "course" spirituelle, chez Claire, se présente sous deux formes:
1) Celle d'abord de la poursuite persévérante dans le chemin de sa vocation, sur les traces du Christ pauvre et humble.
2) Celle ensuite, de l'union à Dieu dans son mystère de communion trinitaire, désir de toute sa vie.
Cette course est personnelle, mais elle est aussi communautaire. Claire invite Agnès à courir sur «le chemin où l'Esprit du Seigneur t'a appelée» (2L 14). Elle invite l'autre; elle entraîne plusieurs autres avec elle. Elle ne va pas seule vers Celui qu'elle aime. Elle est stimulée par l'exemple de ses sœurs: «Dans la course entreprise..., tu es pleine de vigueur et j'en suis remplie de tant de joie! Je constate que tu supplées merveilleusement à ce qui est défectueux tant en moi qu'en mes autres sœurs, dans l'imitation des traces de Jésus Christ pauvre et humble» (3L 3_4). À Ermentrude, elle exprime son émerveillement et sa joie du progrès de cette communauté: «Je me réjouis encore parce qu'avec tes filles, tu marches vivement sur les sentiers de la vertu» (L Erm 3).
Derrière le conseil qu'elle donne à Agnès, on perçoit le cri personnel de son cœur adressé à l'Époux dans la 4e Lettre; mais aussitôt, c'est avec toutes ses compagnes qu'elle court vers l'union tant désirée: «Entraîne-moi derrière toi, Ô Époux céleste, nous courrons vers l'odeur de tes parfums»(v. 30).
De ce bienheureux "chemin du bonheur" (2L 13), Claire supplie ses sœurs de ne «jamais s'en écarter», car c'est le chemin enseigné par le Christ lui-même et son amant François: «... Pour qu'en aucun moment, nous ne nous en écartions d'aucune façon» (Test 43).

3) De vertus en vertus
«Ce MIROIR, regarde-le chaque jour, ô reine, épouse de Jésus Christ, et mire sans cesse en Lui ta face» (4L 15). Ce conseil rend très adéquatement, sous le revêtement du symbole, l'essentiel de l'enseignement spirituel de Claire. C'est à chacune de ses filles spirituelles qu'elle le donne, mais aussi à toute la communauté. Dans le Christ Époux, connu à l'école de l'Évangile, chaque sœur pauvre "se mire", c'est-à-dire, connaît, se connaît, puise sa force et son énergie, ses vertus dans les vertus de cet Époux. Ainsi Claire exhorte :«Mire sans cesse en LUI ta face pour ainsi, toute entière, intérieurement et extérieurement te parer, drapée et enveloppée dans des étoffes variées, parée également des fleurs et des vertus, comme il convient, fille et épouse très chère du souverain Roi»(4L 15-17).
Les vertus de l'Époux sont un don que l'épouse reçoit dans et par la grâce du Père céleste pour «le glorifier dans toute sa sainte Église» (Test 14). Claire aime nous bénir en cette bénédiction même de Dieu-Père: «Le Père céleste lui-même vous donne et vous confirme sa très sainte bénédiction au ciel et sur la terre: sur la terre, en vous multipliant dans sa grâce et ses vertus» (Bén.8_9). Oui, car les vertus sont les mœurs mêmes de Dieu, sa vie, sa manière d'être. Ainsi le disait François: «Très saintes vertus, que le Seigneur vous sauve toutes, lui de qui vous venez et procédez.»
Pour comprendre la richesse de l'enseignement de Claire, derrière ce symbole de la foi qu'est le MIROIR des vertus du Christ-Époux, il sera bon ici de citer cette pensée originale de Maurice Zundel sur la grandeur de la vocation humaine. Ce prêtre suisse, décédé en 1973, continue d'inspirer de plus en plus nos contemporains les aidant à réfléchir sur la profondeur de cette vocation :«L'Évangile qui nous révèle Dieu, ensemble nous révèle l'homme, et toute la transcendance de Dieu éclate dans la transcendance de l'homme. Aussi bien, comment pourrions-nous connaître la grandeur de Dieu si nous n'étions appelés nous-mêmes à la grandeur? Pour concevoir d'une manière vivante la grandeur de Dieu, il faut la vivre et, pour la vivre, il faut la devenir. /.../ Mieux on saisit la transcendance de Dieu, plus profondément on atteint à la transcendance de l'homme car il y a justement une part de nous-même qui est à l'infini, une part de nous_mêmes qui s'enracine en Dieu, une part de nous-même qui n'est connaissable qu'à travers Dieu, qui est aussi secrète, aussi mystérieuse, aussi profonde que Dieu même parce qu'elle touche à Lui, parce qu'elle vit de Lui, parce que c'est à travers elle que Dieu se révèle. / ... / Ceux-là seuls peuvent vraiment nous conduire à la grandeur de Dieu _ qui la laissent transparaître en eux, qui en sont tellement consumés, tellement illuminés qu'on voit bien qu'ils en vivent et qu'elle est devenue la respiration profonde de leur cœur./.../ Dieu pauvre, parce qu'il est un Dieu qui n'est qu'Amour, un Dieu qui se définit par sa générosité, un Dieu qui ne peut nous toucher que pour nous rendre libres de nous-même en nous appelant à devenir ce qu'Il est. C'est ce que François aperçoit d'une manière incomparable et c'est pourquoi le dépouillement de François n'est jamais une pénitence au sens où nous l'entendons d'ordinaire: il est une découverte, la découverte d'une nouvelle dimension où l'univers s'est transfiguré, où il était vêtu de Dieu, où il laisse transparaître le visage de Jésus Christ, où il est ennobli d'une noblesse infinie.»
Le fait d'avoir «choisi de vivre selon la perfection du saint Évangile» (RCl 6) a uni l'âme au Christ Époux par le lien de l'Esprit Saint et donc l'a mise en état de recevoir ces vertus divines dès ici-bas et tout au long de sa route. Claire montre l'effet de ce choix: «Par ses embrassements vous êtes désormais liée, à lui qui a orné votre poitrine de pierres précieuses et a mis à vos oreilles des perles inestimables, qui vous a enveloppée de gemmes printanières et étincelantes, et vous a couronnée d'une couronne d'or marquée du signe de la sainteté» (1L 10-11).
Dans sa Règle, Claire montre la dignité des vertus qui élève par l'observance de cette forme de vie: «Telle est la hauteur de la très haute pauvreté qui vous a instituées vous, mes sœurs très chères, héritières et reines du Royaume des cieux, qui vous a faites pauvres en biens, qui vous a élevées en vertus» (RCl 8,4). Cette dernière considération confirme encore comment la sainte assume l'ascèse de sa vie spirituelle dans le mystère même du Fils de Dieu. Le symbole du MIROIR concentre d'une façon très heureuse cette réalité. Claire sait cependant que seule la grâce de Dieu peut nous ouvrir à cette réalité intérieure: «Avec la grâce de Dieu, tu pourras le contempler par tout le MIROIR» (4L 18).
Toutes ses sœurs sont pressées par elle de multiplier ce talent reçu: «Avec quelle sollicitude et avec quelle application de l'esprit et du corps devons-nous... rendre, avec l'aide du Seigneur, le talent multiplié! Le Seigneur lui-même en effet, nous a placées comme un modèle (forme) pour les autres sœurs, en exemple et miroir, mais aussi pour celles qui viendront afin qu'elles aussi soient un exemple et miroir pour tous ceux qui vivent dans le monde» (Test 18-21).
Ceci fait comprendre le témoignage de sœur Christine: «Sa vie sainte illumina tout le monastère et elle forma ses filles à toutes les vertus et manières de vivre qui sont requises de saintes religieuses» (Pr XIII,2).

D) ATTITUDES QUI FAVORISENT L'ACCROISSEMENT
1) Désirer posséder l'Esprit du Seigneur
Claire concentre sa Forme de vie en cette injonction très incisive: «Qu'elles considèrent qu'elles doivent par-dessus tout désirer avoir l'Esprit du Seigneur et sa sainte opération» (RCl 10,9).
L'énergie de notre «application du cœur, de l'esprit et du corps» (Test 18), dépend de la vigueur de notre désir de Dieu et des motifs qui alimentent ce désir. C'est là le lieu de la synergie de notre vécu spirituel, et une loi profonde de notre psychologie humaine. Claire spécifie bien ici quel désir doit être le nôtre: «désirer posséder l'Esprit du Seigneur et sa sainte opération.»
La Vierge Marie elle-même a su, par expérience, combien la force de l'humble désir obtient les faveurs de Dieu: «Le Tout-puissant a fait pour moi de grandes choses...; il a comblé de biens les affamés» (Lc 1,49.53). La pédagogie de Dieu agrandit notre désir de lui dans la mesure où nous le désirons! Le désir est déjà humilité, aveu de pauvreté, appel vers Celui qui peut remplir ce manque. Entre la pauvreté du cœur et la plénitude de l'Esprit du Seigneur s'étend le désir... Le désir prépare le cœur humain à accueillir «la sainte opération» de Dieu. Mais tout au long de sa croissance, la disciple peut et doit parvenir à ne plus concevoir que cet unique et saint désir, celui de son union à Dieu par la charité: désirer posséder l'Esprit du Seigneur! (RCl 10,9) Le désir de «posséder l'Esprit du Seigneur» recueille l'âme et la pacifie dans son élan de charité.

2) ...le prier toujours d'un cœur pur
Le désir de posséder l'Esprit du Seigneur s'épanouit dans la prière du coeur pur. Qui a l'Esprit du Seigneur prie et ne veut plus cesser de prier (Rm 8,26-27). La prière qui tend à être continuelle s'unifie dans le désir de l'Esprit Saint et est le signe même du progrès qui marche en sûreté vers la réalisation de l'union et de la "perfection" de l'amour. La possibilité de prier indique déjà que l'âme n'est plus esclave des impressions sensibles. Sa foi est victorieuse de tout le reste. La prière prend possession de l'âme sans plus de résistance.
Ici, la prière a assujetti la mémoire, l'imagination et même l'inconscient qui suivent désormais l'esprit, l'intuition profonde, comme Claire nous y acheminait dans sa 3e Lettre ( 9-13) :
«Que ne t'enveloppent ni l'amertume ni le brouillard, ô dame très aimée en Christ, joie des anges, et couronne des soeurs ;
pose ton esprit sur le miroir de l'éternité,
pose ton âme dans la splendeur de la gloire,
pose ton cœur sur l'effigie de la divine substance et transforme-toi tout entière par la
contemplation dans l'image de sa divinité, afin de ressentir toi aussi ce que ressentent les amis en goûtant la douceur cachée que Dieu lui-même a, dès le commencement, réservée à ses amants.»
C'est le pourquoi aussi de son exhortation dans sa Règle: «Qu'elles n'éteignent pas l'esprit de sainte oraison et de dévotion que les autres choses temporelles doivent servir» (RCl 7). Et plus fortement encore: «Prie et veille toujours» (L Erm 13).

3) Garder mémoire
«Que jamais de ton esprit ne sorte sa mémoire» (L Erm 11; 4L 26).
La persévérance de la mémoire, la continuité du souvenir c'est le don de l'Esprit Saint en actualisation et en croissance. Jésus nous donne son Esprit comme la puissante opération intérieure qui nous transforme à son image: «L'Esprit que le Père enverra en mon Nom, vous enseignera tout et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit» (Jn 14,26). Claire nous exhorte, par sa vie et tous ses écrits, à être fidèle à ce don intérieur, à «garder mémoire». Le biographe primitif formule très heureusement le mouvement continu de sa vie intérieure: «Souvent, elle se remettait en mémoire Celui dont l'amour avait imprimé l'image au plus profond de son cœur» (Vie 19).
Dans la tradition monastique, ce "souvenir de Dieu" prend une très grande importance comme l'attitude spirituelle qui favorise l'âme dans son cheminement vers la prière parfaite, l'oraison continue et l'union. Il est condition de progrès. Le dernier conseil de Claire, dans sa bénédiction, oriente parfaitement en ce sens: «Que le Seigneur soit toujours avec vous et puissiez-vous être toujours avec Lui» (Bén 16). Par ce souvenir ininterrompu de Dieu, nous devenons au vrai sens du mot le «temple de Dieu» (Ep 2,4), «sa demeure et son siège» (3L 22).
Pour persévérer en ce souvenir de Dieu, le meilleur moyen c'est la mémoire de ses bienfaits. Claire nous l'enseigne dans ses lettres et son testament. Elle vit sa reconnaissance au souvenir du don d'une grande «vocation»: «Entre autres bienfaits que nous avons reçus et que nous recevons chaque jour de notre donateur, le Père des miséricordes,... il y a notre vocation! Le Christ s'est fait pour nous la VOIE» (Test 2-5). Ainsi, Claire rappellera toujours à sa disciple: «Garde mémoire de ton propos..., regardant toujours ton commencement» (2L 11). Ce «commencement» parfait, c'est LUI, «le Christ pauvre et humble», lui dont «la suavité remplit le cœur, lui dont la mémoire brille suavement» (4L 12).
Cette mémoire intérieure, Claire et François nous exhortent sans cesse, par leurs conseils, de l'unifier en Dieu seul. Ainsi Claire: «Pose ton esprit..., pose ton âme..., pose ton cœur... et transforme-toi tout entière, par la contemplation, dans l'image de la Divinité» (3L 12-13). Ainsi, François: «Que rien ne nous arrête, que rien ne nous sépare, que rien ne s'interpose. Partout, en tout lieu, à tout heure, et en tout temps, chaque jour et continuellement, gardons dans notre cœur... le souverain Dieu éternel.»

4) Rendre grâce

«Nous devons rendre des actions de grâces au glorieux Père du Christ» (Test 2).
Le complément très juste de l'attitude précédente est la reconnaissance envers Dieu. Cette dernière attitude est le signe par excellence du cœur pauvre: il bénit Dieu en tout temps, il reconnaît que tout est don de sa bonté: «Je rends grâce au dispensateur de la grâce, de qui nous croyons qu'émanent tout don excellent et toute donation parfaite» (2L 3; Jc 1,17).
Tout doit favoriser cet état intérieur, même le déroulement et l'organisation de la vie personnelle et communautaire. L'action de grâce et la louange conditionnent la vie pénitente que la disciple désire entreprendre à la suite du Christ: « ... pour que, vivante, tu loues le Seigneur, que tu rendes au Seigneur un hommage raisonnable, et ton sacrifice toujours assaisonné de sel» (3L 41; cf Col 4,6).
Le climat de l'action de grâce, de la louange de Dieu oriente sans cesse le discernement de la sœur pauvre en son chemin de «l'accroissement» vers l'union au Christ.

ACCROISSEMENT SPIRITUEL

 TRAVAUX COMPLÉMENTAIRES

1) Le progrès, à l'école de l'Évangile:
-Rechercher, dans les écrits de Claire, les passages ou allusions à l'Évangile qui semblent avoir inspiré Claire et qui engagent au progrès, à la croissance.
(voir SC p.206). (Se limiter à 4 ou 5 exemples par écrit.)

2) Le progrès à l'école de Claire:
-Retracer, dans chacun des écrits de Claire, les expressions qui incitent au progrès, à la croissance: poursuivre, courir, etc. Après les recherches de ces deux travaux, établir une courte synthèse qui montre la profonde orientation évangélique de la vision spirituelle de Claire d'Assise, au sujet du progrès.

3) L'entrée plus profonde dans la famille de Dieu:
-Revoir les lettres de Claire:
Écrire les passages ou elle reprend les paroles de Jésus, dans son Évangile, sur cette nouvelle famille de Dieu, en la diversité et la richesse des relations qui nous unissent au Fils bien-aimé.

4) Les relations baptismales:
Parmi les relations qui ont été étudiées, en choisir une qui me rejoint davantage, comme appel personnel.
Pourquoi ai-je choisi cette relation?
Que me dit-elle aujourd'hui? Noter.

5) La "Méditation contemplative" à l'école de Claire d'Assise:
-Relire dans les lettres de Claire les passages où elle nous offre une manière particulière d'effectuer avec profit cette "méditation contemplative":
*2L 18-20
*3L 12-14
*4L 15.19-23
*L Erm 9-14a
- Comment pouvons-nous en tirer profit aujourd'hui?

6) Travail sur la RÈGLE de sainte Claire:
- Selon les possibilités rechercher:
1) Quelle est la présence et quel est le rôle de Marie dans la forme de vie des Sœurs pauvres?
Donner quelques exemples concrets. (Prologue; Chapitres 2-6-8-12)
2) Retracer le travail de l'Esprit Saint dans la forme de vie des Sœurs pauvres.
Donner quelques exemples concrets. (Chapitres 2-6-10)
3) L'Église: Quels liens avec l'Église sont présents dans la Forme de vie?
Donner des exemples concrets. (Chapitres 1-2-12)
4) L'amour mutuel, «lien de la perfection»:
Comment l'amour mutuel construit-il notre forme de vie?
Donner des exemples concrets. (Chapitres 4-7-8-9-10)
5) La vocation à la suite du Christ pauvre et humble: 3L 4
Comment la forme de vie nous aide-t-elle à réaliser cette vocation?
Donner des exemples concrets. (Prologue; Chapitres 1-2-4-6-8-12)
Le même travail peut s'effectuer à partir du TESTAMENT.

LECTURES COMPLÉMENTAIRES
-Lettre des Ministres généraux (1991)
Claire, femme fidèle: Ch. III, p.45-50
-Regards sur Claire d'Assise, par Sœur Marie-Aimée du Christ. Ed. du Signe, 1991:
Ch. 1: Charisme prophétique de Claire pour la femme de tous les temps.
Ch. IV: La pédagogie de Claire, p.40ss.
1. 1 Cf. Charles-A. Bernard: Théologie de la vie spirituelle, Ed. du Cerf, 1986, p.403
2. Charles-A. Bernard, œuvre citée p. 403, suite.
3. Ce rêve est rapporté dans les témoignages de quatre compagnes de Claire: Pr IV,16; VI,13; et VII,10. D'où l'importante signification spirituelle que Claire lui accordait.
4. Nouvelle, certes, dans sa forme ecclésiale, mais non dans le propos évangélique qui anime Claire d'Assise, à la suite de François, le Poverello. Depuis l'instauration de la vie monastique, les grands fondateurs et réformateurs de la vie religieuse veulent sans cesse revenir à la pauvreté évangélique comme base de leur forme de vie à la suite du Christ. (Voir : Collectanea cist. 1984-3, p.177).
Étienne de Muret (+ 1124), fondateur de l'Ordre de Grandmont, saint Bernard et les premiers Pères de Cîteaux aimaient se faire appeler les "pauvres du Christ". (Cf. l'article du Père Lin Donnat, ocso, dans Coll. cisterc. 1973-3).
Mais la jeune abbesse de Saint-Damien, à la différence des premiers cisterciens, ne cherche pas à s'éloigner des villes pour l'avantage des terres étendues et sauvages qui isolent. Claire ne veut que le seul nécessaire terrain, en vue d'isoler, et pour l'entretien d'un jardin potager ordinaire, suffisant au besoin de la communauté. Elle ne craint pas, à la différence des cisterciens, de recourir à la quête, en signe de communion avec les plus pauvres de la société d'alors. Sa vision de la pauvreté est évangélique et sociale: le Christ Pauvre, son Époux, retrouvé en ses membres pauvres, Claire devenue elle-même pauvre.
5. Privilège de Pauvreté. Cf. SC #325 (Annexe)
6. La propre sœur de Claire ajoute aux dires de ce témoin que Claire, abbesse, vendit aussi une partie de l'héritage de Béatrice et «donna tout aux pauvres» (Pr XII,3).
7. Ce Document que l'on peut consulter (p.254) dans "Sainte Claire d'Assise, Documents", Ed. franciscaines 1983, est daté de 1238. Claire a environ 45 ans et, dans cette démarche, elle est accompagnée de l'assentiment de ses sœurs, lesquelles, à cette époque, atteignent la cinquantaine.
8. Probablement en juillet 1228, lorsque le Pape se rendait à Assise pour la canonisation de son ami, François. Il signera ce privilège de la Pauvreté le 17 septembre 1228, à Pérouse.
9. Comparer l'attitude du même pape favorisant les donations faites à un grand monastère de cisterciennes espagnoles, Las Huelgas. (Coll. cist. 1988-4, p.323).
10. Témoin : sainte Gertrude d'Hefta, cistercienne ayant vécu au siècle suivant et connaissant bien les écrits d'Origène : SC
11. Liturgie des Heures, commun de la Dédicace.
12. Écrits de saint François, Salutation des vertus, (SC # 285; cf. aussi 4L 19-21.
13. Il serait intéressant d'approfondir ce texte de l'hagiographe primitif, et de souligner les conseils, les enseignements de Claire. Elle les donne en vue de favoriser ce climat du cœur qui le rend apte à suivre le Christ, à entrer dans ses mystères du salut. Voir aussi 2L 10-18; 3L 10-19; Pr XI,2.
14. Charles-A. Bernard, Théologie de la vie spirituelle, Éd. du Cerf, 1986.
15. Voir ces nombreuses fois où la sainte Mère nous entraîne dans cette joie que nous devons cultiver et, nécessairement entretenir, en cette VOIE: "À la découverte de Claire d'Assise",
-Exhortation à la joie: tome III, 30,1; Joie dans la pénitence et la pauvreté: 30,4;
-Claire, allègre et joyeuse: tome I, 6,1.
16. Voir aussi ces images évangéliques de "croissance" de la "petite plante" en ses deux aspects: enracinement, croissance: Mt 13,31-32; Lc. 13,19.
17. Même perspective tout au long de son Testament avec l'expression "ne pas s'écarter".
18. Consulter DSp. à l'article "Progrès-Progressants". Dans ce processus décrit par les premiers Pères dans la foi, on peut discerner assez facilement l'orientation des expressions de sainte Claire à ce sujet. Elle s'inscrit comme naturellement dans la vision spirituelle des grands saints et théologiens des premiers siècles chrétiens.
19. Homélie sur le Cantique, SC #37
20. DSp., Adnès: article "Mariage spirituel", p.391. Voir en ce sens Mt 25 et 2L 5.
21. "Sainte Claire d'Assise. Documents", Éd. franc. p.249. Dans la même perspective, les deux premiers paragraphes de la lettre que le Pape Grégoire IX leur adressait en cette même année 1228: p.246-47.
22. Documents p.236. L'introduction de la "Lettre des ministres généraux" (1991), à

l'occasion du 8e Centenaire, évoque admirablement bien cette perspective.
23. Les extraits suivants s'inspirent des nombreuses citations offertes par DSp à l'article "Rachel".
24. Cf. Article de R. Armstrong, ofm cap., dans "Greyfriars Review", 1993, vol. 7,3.
25. Voyons "Rachel" à son occupation: 2L 18_21; 3L 15. Voyons aussi la densité de cette appellation d'épouse si souvent utilisée par Claire: 1L 12.24; 2L 1.57; 3L 1; 4L 1.4.7-8.15.17. Époux: 1L 7; 2L 20-24; 4L 30; Priv. Pauv.5.
26. Voir aussi Test 25, et "Écrits de Claire d'Assise", SC #325, p.240, au mot "sœur".
27. "Écrits de saint François", SC #285, p.221: 1,7-9.
28. SC #166
29. SC #202, p.139
30. Lettre aux fidèles, 1,10 (SC #285)
31. Voir aussi vv.1.4; relire aussi L Erm 17 et RCl 8,16
32. René Laurentin: "Une année de grâce avec Marie", p.100
33. Cf. Gn 3,20: Ève, mère des vivants.
34. Voir Lc 1,38-48, et les lettres de Claire: 1L 2; 3L 2; 4L 2. Aussi RCl 1,3; Test 37; Bén.6; L Erm 1
35. DSp à l'article "Service".
36. Exh 6: "Saint François, Écrits", SC #285 (p.347)
37. Il se peut que ce soit aussi le titre civil d'Agnès au moment où Claire lui écrit...
38. Extrait de "Qui cherches-tu?", coll. Voix monastiques, p.59. livre édité par l'Abbaye cistercienne d'Oka, (Québec) 1992.
39. L'encyclique "Sacra virginitas", du Pape Pie XII.
40. Thomas Merton: "Qui cherches_tu?", p.60-61
41. Écrits de saint François : SC #285
42. François_Xavier Durrwell, ds "Le Christ Rédempteur", Éd. Xavier Mappus, p.208
43. Cf Test 27. Voir Claire au travail: Pr I,11-12; II,12; III,9; VI,7; IX,9
44. cf. vv 40-47.74-75; RCl 12,13. Les qualités de cette course, Claire les indique en sa 2L 12-16 : course rapide, légère, sans entrave, sûre, joyeuse, alerte, prudente...
45. Ce langage retient des échos du Ct 4,11, du Ps 44,10-12; et aussi se souvient de Ep. 5,25-27.
Les vertus du Christ conviennent à son épouse, à cause de sa "vocation divine" (2L 17). Voir comment Claire insiste sur cette convenance, extérieure et intérieure, par l'expression entre autres, de "l'honnêteté" des vertus que doit revêtir l'observance de la forme de vie comme signe de cette vocation divine: RCl. 2,20; 4,17; 6,14; 7,1; 9,12; 11,9; 12,2.5; Test 54.56.58; 1L 3; et ici, 4L 17.
46. Salutation des Vertus, 4, p.270 : SC #285.
47. Extrait d'une conférence donnée à Lausanne, en 1956: "Morale et mystique".
48. Voir les textes biblique qui ont inspiré ce passage de la lettre: Is 61,10- 62,6.
49. C'est la grâce fortifiante de Dieu qui est à l'œuvre quand elle nous transmet les mœurs divines, les vertus. Voir 1L 13.31-32; 2L 3.7-8; 3L 21; 4L 11-12.14.18; RCl 6,1; Test 24.26.58; Bén.9; L Erm 2.
Voir 1 Celano 19: les vertus des premières sœurs de Saint-Damien. Relever aussi les vertus de Claire: Pr I,12; II,2; IV, 2_3.18; V,2; VII,11; X,2; XI,5; XII,6.
50. Voir et noter cette unité du désir à laquelle Claire convie si souvent dans ses lettres: 1L 6.13.32; 2L 20; 4L 29. Voir aussi Pr XVII,2; Vie 36.
51. Voir la suite de ce verset dans RCl 10,10-11. Lire aussi dans les "Documents", la lettre du Pape Grégoire IX, p.247. Même orientation.
52. 1R 10-11: SC #285, p.177

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